Avez-vous déjà remarqué que l’ambiance d’un groupe peut être lourde, légère, intense ou pleine d’excitation ? Et lors d’un conflit, que se passe-t-il réellement ?
Tout le monde peut ressentir l’atmosphère d’un groupe mais nous n’y prêtons que rarement attention, et nous n’en parlons pas ou peu. Cependant, nous pouvons en ressentir les effets dans notre corps.
Pour mieux comprendre, rappelez-vous une situation dans laquelle vous êtes entré.e en contact avec un groupe et son atmosphère, comme, par exemple, une réunion de travail tendue voire conflictuelle. Vous vous êtes peut-être retrouvé.e en train de prendre position ou de tenir un certain rôle, même si, au départ, vous ne ressentiez pas les choses ainsi ! Et vous vous êtes finalement retrouvé.e à prendre parti ou soutenir un « camp » ou l’opinion d’une autre personne.
Autre exemple : Imaginez-vous à côté de quelqu’un de très mauvaise humeur, vous vous retrouvez probablement en colère ou agacé.e par cette personne, alors que vous ne ressentiez pas ça du tout au début.
Rappelez-vous qu'un groupe peut être défini comme un champ avec une atmosphère particulière (voir article n°8 de cette série).
Nous allons voir que, dans ce champ, nous sommes attirés par et dans différentes positions.
Dans le cas d’un conflit, nous rencontrons très souvent 2 rôles principaux. Ces rôles sont généralement très différents, voire opposés, et très difficilement réconciliables.
Dans un groupe, nous pouvons retrouver des polarités telles que bon/mauvais, riche/pauvre, puissant/faible…
La gestion de conflits par l'approche Processwork, c'est prendre conscience et observer les rôles de chacun : quand certaines personnes se retrouvent marginalisées, nous observons le rôle de celui/celle qui marginalise et celui/celle qui est rabaissé.e (ou blessé.e / marginalisé.e).
En fait, il existe bien d’autres rôles. Une infinité de rôles.
Nous sommes alors attirés par l’une ou l’autre des positions présentes dans le champ, à la manière d’un aimant attirant la limaille de fer sur une feuille (souvenez-vous de vos cours de physique à l’école). Les particules de fer s’alignent avec les champs magnétiques en présence.
Nous ne pouvons pas voir les champs magnétiques, mais nous pouvons les détecter grâce à un aimant et du fer. Les champs sont à la fois puissants et invisibles et nous attirent à eux.
Pourquoi les champs nous entraînent-ils dans différents rôles ?
Arnold Mindell explique que les champs semblent vouloir apprendre à se connaître, à être davantage conscients et présents.
Du point de vue de la réalité consensuelle, surtout quand un conflit est présent, ces différentes positions sont souvent très figées.
Lorsque nous observons la situation depuis la perspective du niveau du Rêve, ces positions n’appartiennent plus uniquement aux personnes qui les occupent. Ces rôles font partie de l’atmosphère qui est présente.
Les rôles peuvent alors être occupés et partagés (de façon plus ou moins importante), par l’ensemble des personnes présentes (cette notion sera développée dans un prochain article).
En d’autres termes, le niveau du Rêve contient à la fois toutes les personnes présentes dans un groupe et c'est également un champ rempli de rôles partagés qui interagissent entre eux.
Généralement, nous pouvons observer des personnes qui se positionnent fermement d’un côté ou d’un autre d’un problème. Cette nouvelle perspective (rôles partagés dans un champ) est un véritable changement de paradigme !
Si nous partageons tous les rôles, cela veut aussi dire que nous sommes à la fois d’un côté du problème et qu’une part de nous-mêmes représente également toutes les autres positions présentes, même celles contre lesquelles nous nous dressons !
Dans un sens, nous connaissons tous (plus ou moins) les rôles présents. Ou, au moins, leurs énergies, à l’intérieur de nous-mêmes (perspective du rêve). Car nous avons tous, un jour ou l’autre, été en colère, ou tristes, ou marginalisés par nos opinions ou dominants, etc…